Le Colley, un amour depuis toujours…
C’est dans mon enfance, sans même avoir vu le film Lassie que je découvris la race du Colley. Je n’avais pas une dizaine d’années quand mon oncle et ma tante ont adopté "Athime" et « Duchesse », celle qui deviendrait une merveilleuse amie et confidente lors de tous mes séjours chez eux.
Quelques années plus tard, je rencontrais celui qui deviendrait mon mari et qui, lui aussi connaissait bien la race pour avoir vécu quelques aventures avec l’un d’entre eux. Il ne lui en fallut pas beaucoup plus pour me séduire et, dès que ce fut possible, nous adoptions notre premier Colley, un jeune mâle bleu âgé d’une quinzaine de mois. Malheureusement, celui qui devait partager notre vie durant une quinzaine d’années avait connu la maltraitance par son premier adoptant et même si il était retourné assez rapidement chez son éleveur, le mal avait été fait. Lui redonner confiance en l’humain et aussi en lui-même relevait de la gageure et il fallut beaucoup de temps et de patience à une époque où la bienveillance canine n’existait pas pour réussir à inverser la tendance. J’avais heureusement bien compris à quel point mon ami était sensible et c’est donc seule et sans encadrement professionnel que je me lançais dans l’aventure.
La maltraitance ne s’étant pas arrêtée qu’au psychologique, People avait également manqué des apports nutritionnels nécessaires à une bonne croissance. Agé de deux ans sa stature ne dépassait pas celle d’une femelle moyenne et malgré un pédigrée de rêve, toute idée de confirmation s’envolait.
Mais ce fut un chien merveilleux, d’une douceur exceptionnelle avec nos enfants et doté d’un instinct de berger qui le poussait à la surveillance constante de « son troupeau ». Son départ fut pour moi très difficile. Mon ami de toujours m’avait abandonnée et devant ma peine, ma famille me poussa très rapidement à l’adoption d’un nouveau compagnon.
Si tous les Colleys que j’avais connu jusqu’alors avaient à peu près le même caractère un peu introverti et trouillard, quelle ne fut pas ma surprise lors de ma rencontre avec Isar River Blue du Val de la Lawe - Iron !! Il ne pouvait être plus différent de People que le feu et l’eau ! Une autre histoire commençait, différente mais toute aussi passionnante. Elle devait me guider sur ce qui serait désormais ma nouvelle vie avec en prime, un déménagement en Auvergne.
L’heure du grand changement
Adolescente, la rencontre avec une famille de professionnels mais surtout passionnée du chien m’avait permis de découvrir le monde de l’élevage et de m’en donner le goût. Et si la vie ne m’avait jamais donné l’opportunité de me lancer, l’idée de l’élevage, elle, ne m’avait jamais vraiment quittée.
L’occasion était désormais là, et bien trop belle pour ne pas la saisir !
Le projet avait finalement eu le temps de bien murir et je savais exactement ce que je voulais dans les grandes lignes : pas de grosse structure où mes chiens ne vivraient pas avec nous, un accent mis sur la socialisation, notre expérience passée m’ayant cruellement appris sa nécessité absolue et des reproducteurs sans tares génétiques rédhibitoires pour la race.
En 2016, après une formation en l'élevage canin et encadrée par mon amie éleveuse, la première portée issue Of Kahisars voyait le jour.
En 2017, grâce à Iron, je fis la rencontre d’une éducatrice. Elle nous permit de grandement améliorer le comportement de mon chien en lui donnant une activité. Je découvrais à ce moment les réelles capacités d’un Colley qui a gardé tout son atavisme de chien de berger et surtout la problématique qui en découle quand on ne répond pas à ses besoins. Le monde passionnant de l’éthologie et de l’éducation s’ouvrait alors à moi !
En 2019, nous créions avec quelques passionnés du chien le Club Canin du Livradois pour répondre à un réel besoin de la région.
En 2021, bien que cela faisait plusieurs années que j’avais pris la décision de ne plus donner de coquettes à mes chiens, j’ai suivi une formation de naturopathie animalière afin, d’une part de parfaire mes connaissances dans les besoins nutritionnels d’un canidé et d’autre part, d’aider mes chiens à ne pas recourir à l’allopathie de façon systématique.
En 2022, je devenais officiellement, par l’obtention du diplôme reconnu par la SCC, monitrice d’Education Canine.
En 2024, souhaitant approfondir mes connaissances dans l’éducation canine et les problématiques liés à certains comportements canins, j’ai suivi la formation « chiens difficiles ».
Les Kahisars en 2026
Mes deux filles ainées qui m’ont souvent accompagnées dans les débuts de l’élevage, m’ont rejoint dans l’aventure transformant le « je » en « nous ». Les décisions sont maintenant prises en collégiale et c’est pour moi une immense fierté de les voir évoluer chacune différemment dans un monde qu’une seule vie ne suffirait pas à explorer.
Ainsi elles sont toutes les deux détentrices de l’ACACED dans les trois spécialités et nous poursuivons les formations que ce soit dans l'élevage ou dans les domaines que nous souhaitons chacune approfondir.
Instants de complicité entre Laura et Athime
Le secret d'Hestia révélé à Céline...
Notre travail au quotidien
C’est ainsi que nous voyons aujourd'hui s'épanouir notre meute au coeur de l'Auvergne.
Partie intégrante de notre famille, nos chiens vivent à la maison, ne connaissent ni le chenil ni les boxes. Notre vie d’humain est donc conditionnée à celles de nos compagnons et se rythme bien souvent sur les saisons.
L’hiver en Auvergne parait souvent long mais c’est surtout la saison de la neige et c’est toujours un régal de voir la meute (re)découvrir les premiers flocons. C’est pour eux le signe annonciateur des grandes balades aux cols et d’une vie paisible cadencée par quelques exercices, histoire de ne pas oublier ce qui a été appris. Les soirées commencent tôt avec pour rituel immuable le câlin individuel dans le canapé ou le lit. Un moment important puisque c’est le seul de la journée où l’exclusivité est permise.
Au printemps et à l’automne la vie reprend un rythme plus soutenu avec la fréquentation accrue du club et la reprise de toutes les activités canines : Hooper, pistage, recherche de personnes ou de substance, canicross…, pour ceux qui veulent et qui aiment ! Des moments de partage exclusifs qui font autant de bien aux chiens qu’aux deux pattes !!
L’été sera quant à lui le synonyme de sieste farniente au pied du climatiseur, de longues promenades le soir en ville à profiter de toutes les manifestations estivales de la région… Bref, des moments de partages, certes, mais surtout de socialisation !
Et puis il y a, généralement une fois par an « la saison des bébés ». Cette période particulière de l’année où tout se retrouve suspendu, où plus personne ne sort pour protéger les nouveaux nés et respecter les règles de prophylaxie…
A la maison, si chacun de nos reproducteurs a été choisi pour des critères de conformité au standard et de santé (tests génétiques et médicaux préalables à toute reproduction), l’équilibre psychologique reste notre priorité. C’est pourquoi nos bébés, même si conformément aux recommandations légales certains espaces leur sont dédiés, évoluent à notre contact permanent ainsi qu’aux autres adultes de la meute (dès que la mère le permet).
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