Les 

KAHISARS 

Le plus souvent, ce sont les gendarmes qui viendront vous trouver. Si un ou plusieurs troupeaux de brebis ont été attaquées près de chez vous, les forces de l’ordre viendront, au cours de leur enquête, s’assurer que votre chien n’est pas le responsable de la tuerie. 

Tenter de privilégier le dialogue avec le propriétaire reste encore la meilleure solution. Enclos des moutons mal fermé, chien qui échappe à votre surveillance l’espace de quelques minutes, animaux prédateurs errants, les possibilités sont multiples mais le problème reste entier. Ce n’est jamais un moment agréable à passer mais il faut aussi comprendre le berger qui n’a pas envie de perdre toutes ses bêtes… 

 

Le seul moyen de dédouaner son chien légalement dans ce cas, est la prise d’un cachet vomitif permettant l’analyse  du contenu de l’estomac de l’animal. La procédure est très encadrée juridiquement et ne peut être faite que par un vétérinaire, de préférence expert. Elle doit également être réalisée dans un laps de temps assez court pour que la digestion n’ai pas eu le temps de se faire. 

 

Malheureusement, cet examen est assez difficile à réaliser chez un Colley puisque le cachet vomitif est très souvent interdit aux chiens sensible à la MDR1 et il est préférable que votre vétérinaire s’y oppose en expliquant les raisons médicales de ce refus. 

Il vous appartient alors, en tant que propriétaire responsable, de montrer votre bonne foi et de prouver que votre chien ne présente pas d’agressivité envers les brebis. 

Pour ce faire, il faut se rendre chez un juge de la commission de troupeau qui déterminera si oui ou non votre chien représente un potentiel danger pour les moutons. De même que pour le passage du CANT, votre compagnons sera mis en présence de brebis et ses réactions seront longuement observées. 

A la fin, le juge vous remettra une attestation avec ses conclusions qui sera à confier aux gendarmes en charge du dossier. 

 

Dans la majeure partie des cas, votre chien sera dédouané et le problème se règlera de lui-même. Mais dans l’hypothèse où les conclusions du juge n’iraient pas en faveur de votre chien, il vous sera alors demandé d’indemniser le berger pour la perte de ses bêtes et/ou les frais vétérinaires engagés (pensez alors à faire jouer votre responsabilité civile !!) 

 

Dans tous les cas, la vigilance reste de mise et il est important de faire attention à ce que nos chiens ne puissent pas entrer dans des enclos qui restent souvent des propriétés privées où ils pourraient se blesser ou causer des accidents. 

Alors que faire en cas de suspicion d’attaque sur troupeau si le chien a eu son CANT ou si il est trop tard pour le faire tester ? 

- Les aptitudes bergères : 

Souvent pour la première fois, votre Colley va rencontrer les brebis ! Les choses sérieuses commencent. Le chien est souvent curieux et se demande ce qu’il a devant lui. Lorsque vous pénétrez dans l’enclos, le juge vous demandera de bien écouter ses recommandations afin d’éviter tous risques d’accidents, tant pour nous que pour le chien. Car si à première vue une brebis n’a rien de méchant, le troupeau passant près de vous aurait vite fait de vous renverser et donc de vous faire mal. A partir de là, laissez vous guider et surtout laissez faire le chien. Le juge à l’habitude, connait ses bêtes aussi bien que les chiens de troupeau et saura détecter si danger il y a. Observez, cela ne dure que quelques minutes mais c’est en quelques secondes que le chien va se déclencher… ou non. Et c’est impressionnant de voir un chien qui n’a jamais rencontré de moutons au paravant se mettre tout à coup à les rassembler. Le CANT est alors obtenu si tout s’est bien passé à la première épreuve. 

       

Malheureusement, il arrive que des chiens ne se déclenchent pas, ou pire, qu’ils attaquent le troupeau. Dans ce dernier cas, le chien est bien-sûr immédiatement sorti de l’enclos et sera jugé inapte.  

Si le chien est complètement inintéréssé et très jeune, le juge peut peut le déclarer ajourné et lui laisser une seconde chance pour un petit peu plus tard. 

 
 

Attention toutefois , le CANT doit être passé entre l’âge de 6 et 18 mois !! 

 
 

Malgré tout, il faut savoir qu’un chien qui a passé le CANT avec brio, de même s’il travaille régulièrement auprès d’ovins, peut un jour, sans motif légitime, attaquer un mouton. Tout comme, un chien qui a déjà attaqué recommencera de façon certaine… 

 
 

L’obtention du Certificat Aptitude Naturelle au Troupeau ne peut en aucun cas assurer que le chien n’attaquera jamais une bête. Mais il est sûr que le risque que cela se produise est toutefois amoindri… 

Le juge va vérifier la bonne socialisation du chien à l’humain et attend que ce dernier ne soit pas trop craintif lorsqu’un inconnu s’approche de lui. Ensuite il va vous demander de circuler près des autres chiens présents à côté de vous afin de s’assurer que votre compagnon ne présente pas d’agressivité envers ses congénères. Enfin, il vérifiera que votre chien connait bien les ordres de base en vous demandant de faire asseoir (ou coucher) votre animal et de vous éloigner de quelques dizaines de mètres avant d’effectuer un rappel. Il s’agit de la partie obéissance et souvent de la partie la plus simple puisque tout ce qui vous sera demandé sont des choses que nous apprenons souvent à nos Colley durant nos premiers mois de vie commune. 

Attention toutefois, toute agressivité montrée par votre chien à ce moment là sera un motif de disqualification 

- Les aptitudes naturelles :  

Le CANT, Certificat d’Aptitude Naturelle au Troupeau est réservé aux chiens de berger et de bouviers. Seuls les chiens de race pure, inscrits ou inscriptibles à un des Livres d’Origines reconnus par la F.C.I pourront être susceptibles de passer l’épreuve. Par ailleurs, les chiens atteints de cryptorchidie, les chiens méchants ou dangereux, les chiens atteints de maladies contagieuses ou en trop mauvais état d’entretien, ne pourront être présentés. 

Pour participer à ces épreuves, le chien doit être titulaire :  

- d’un certificat d’inscription à un livre d’origine d’un pays membre de la F.C.I., 

- d’une carte de tatouage ou identification (puce électronique), 

- d’un certificat de vaccinations obligatoires, en cours de validité. 

 
 

Ce document, décerné par un juge spécialisé en chiens de troupeau et très souvent  lui-même berger, vous est délivré après le passage d’épreuves organisées par les clubs de race au moment d’expositions de beauté (notamment à la nationale d’élevage du Colley) ou les Sociétés Canines Régionales.  

 
 

Cette épreuve se déroule en deux étapes.  

Crédit photo : internet 

Isar River Blue du Val de la Lawe à l'E.N.E 2014 - Passage du CANT 

Rencontre de monsieur Gattet, juge de la commission de  troupeau 

depuis de nombreuses années, près de Lagorce en Ardèche. 

Les aptitudes naturelles existent sans apprentissage préalable,  

elles font partie du patrimoine héréditaire du chien  

au même titre que les caractéristiques morphologiques.  

Tout apprentissage est donc inutile et même fortement déconseillé. 

Il peut arriver, si vous vivez à la campagne, de vous promener non loin d’un troupeau de brebis, voir même de vivre près d’elles. Normalement, le Colley, chien de troupeau par excellence, ne cherchera jamais à leur faire de mal et s’il s’intéresse aux moutons, ce sera souvent uniquement dans le but de les rassembler. 

Toutefois, certains bergers ne verront pas toujours d’un bon oeil qu’un chien inconnu s’approche de ses bêtes et peut craindre, de façon légitime, que ce dernier ne les attaque. Si c’est effectivement peu probable, cela est néanmoins tout à fait possible puisque certains chiens ont malheureusement perdu leur atavisme et il n’y a qu’un seul moyen pour nous de savoir si notre compagnon est un potentiel prédateur, le faire tester. 

Le  passage du CANT 

Le Colley et les moutons